Taux d’intérêt au plancher, emprunteurs en l’air !

taux-d-intrt-frdric-hoareau_JIR_180113Compris entre 3 % et 3,50 % pour les crédits sur 15 à 25 ans, les taux d’intérêt connaissent leur plus bas historique à la Réunion comme en métropole. Une tendance qui ne suffit cependant pas à elle seule à motiver l’achat immobilier. Et qui incite plutôt ceux qui avaient déjà emprunté à des taux plus élevés à renégocier leur crédit.

FINANCES

C’est un record. Les taux d’intérêt des crédits immobiliers accordés aux particuliers par les banques en France ont atteint en décembre leur plus bas historique.

Du jamais vu depuis 1945. Selon une étude de l’Observatoire Crédit Logement/CSA publiée début janvier, les taux des prêts hors assurance se sont établis en décembre 2012 à 3,23 % en moyenne, soit un taux inférieur au précédent record de 3,25 % établi en novembre 2010. Et la baisse concerne l’ensemble du marché, aussi bien dans l’ancien, qui est passé de 3,97 % en février à 3,23 % en décembre, que le marché du neuf, qui a lui aussi enregistré un recul, en passant de 3,93 % en février à 3,22 % à la fin de l’année dernière. Localement, les emprunteurs bénéficient également de ces circonstances exceptionnelles induites par la politique de la Banque centrale européenne. « Cette tendance est d’actualité aussi à la Réunion », affirme Frédéric Hoareau. Le courtier et gérant de l’enseigne meilleurtaux.com évoque des taux d’intérêt « historiquement bas » depuis ces dernières semaines, à la suite d’un déclin amorcé depuis septembre. Ils se situent aujourd’hui, hors assurance, aux alentours de 3,50 % pour les prêts sur plus de 20 ans, entre 3,30 et 3,50 % pour les emprunts sur 15 à 20 ans, et en deçà de 3 % pour les crédits contractés sur 12 à 15 ans.

Une conjoncture d’autant plus exceptionnelle que « les taux d’intérêt remontent habituellement en début d’année, les banques anticipant une baisse en avril-mai, au moment du salon de la maison », explique Frédéric Hoareau. Le courtier l’affirme, « on atteint des records ! Et il n’y a presque plus de distinction entre le neuf et l’ancien. La différence se fait plutôt entre l’acquisition d’une résidence principale et l’investissement locatif, ou les taux d’intérêt sont un peu plus élevés. »

« historiquement bas »

taux-d-intrt-immobilier_JIR_180113Par ailleurs, ce mouvement des taux d’intérêt s’accompagnerait localement d’une embryonnaire détente du marché. « Une baisse des prix moyens dans l’immobilier commence à s’amorcer, y compris dans l’Ouest », observe Frédéric Hoareau.

Pour autant, les Réunionnais se ruent-ils pour acquérir des biens ? Il semble jusqu’ici que le faisceau d’éléments conjoncturels favorables ne suffise pas à leur faire sauter le pas. Le durcissement des conditions d’octroi de crédit par les banques depuis les répercussions de la crise des subprimes tend à faire obstacle aux ardeurs des acquéreurs potentiels.

« Les banques ne se contentent plus d’un taux d’endettement à 33 %. Elles demandent désormais au moins 10 % d’apport, soit l’équivalent des frais d’acquisition, explique Frédéric Hoareau. Les pratiques ne font en cela que s’aligner sur celles de métropole. Mais ces décisions perturbent les emprunteurs. » Le gérant de meilleurtaux.com évoque ainsi plutôt un « assainissement » des conditions d’octroi de crédit et voit aussi d’autres causes à la réticence des acheteurs potentiels.

« Ce qui fragilise le marché immobilier, c’est l’attentisme des gens, et peut-être aussi des prix encore trop élevés, estime Frédéric Hoareau. Devenir propriétaire est désormais considéré comme un sacrifice, plus que comme un investissement. Les compromis de vente se signent plus difficilement. L’offre et la demande ne se rencontrent pas idéalement. »

Les conséquences du niveau exceptionnellement bas des taux d’intérêt sur le marché immobilier restent donc nuancées. « Ce n’est pas un élément moteur pour l’investissement, affirme Frédéric Hoareau. C’est juste un facilitateur qui peut avoir un impact sur la surface acquise, mais pas un élément déclencheur de l’achat. Le prix du bien, sa qualité et le budget disponible jouent en priorité. Le taux d’intérêt constitue un élément annexe de la réflexion. »

Et, paradoxe apparent, ceux qui n’ont rien à acheter mais qui ont déjà contracté un emprunt se montrent les plus avides de profiter des nouveaux taux d’intérêt… En cherchant à troquer leur crédit contre un autre

Séverine Dargent source http://www.clicanoo.re

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